Même si les populations amérindiennes ont pu fréquenter pendant
des siècles la région de Lac-Mégantic; ce n'est qu'au XVIIe siècle qu'on a remarqué
la présence d'Abénaquis grâce à la documentation sur la région des premiers Européens.
Il semble que l'un des premiers Européens à fouler le sol méganticois
soit le Père Druillettes de la mission des Jésuites de Sillery lors d'une expédition en 1646.
Son objectif était d'évangéliser la population abénaquise.
Les rivières Kennebec et Chaudière constituent les principales
voies de communication des Abénaquis entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.
Plus
d’un siècle plus tard, lors de la guerre d'Indépendance américaine en 1775, le général
Benedict Arnold et une équipe de 1 100 hommes ont emprunté, entre autre, la rivière Kennebec
(venant du Maine), le lac Mégantic et la rivière Chaudière afin de surprendre les Anglais
lors de leur arrivée à Québec.
Cependant, avant de parvenir à Québec, ils ont dû affronter
des pluies violentes qui ont augmenté le niveau des lacs et rivières pour ainsi transformer les rives
en marécages à la hauteur du lac des Araignées et des Joncs. Ils ont subi une perte de provisions
et plusieurs soldats ont été malades ou affaiblis.
Comme
le général Arnold voulait connaître le meilleur passage pour atteindre la rivière Chaudière,
il part donc avec un groupe d'éclaireurs. C'est ainsi qu’ils ont campé le 27 octobre 1775 au bord
du lac Mégantic, après avoir franchi plusieurs lacs et montagnes.
Le lendemain, ils s'arrêtent à l'embouchure de la rivière
Chaudière, sur le futur site de Lac-Mégantic.
Pour naviguer plus facilement sur la rivière Chaudière, ils ont
dû jeter à l'eau plusieurs fusils et canons afin d’alléger leurs canots.
C'est d'ailleurs grâce à des reliques de ces fusils que les clefs
de la ville de Lac-Mégantic ont été fabriquées.